PRERILLEUSE RESILIENCE DES DEPLACES INTERNES DE MEME

Au camp de déplacés interne d’Igawa-Mémé, dans l’arrondissement de Mora, la misère se lit sur les visages des jeunes enfants, femmes et vieillards qui peuplent les deux sites équidistants de 500 mètres. Au flanc d’une chaine montagneuse, ils habitent dans des habitats de fortune, faites de vieilles bâches et de paille. Sous des arbres sans feuilles sont assis des vieillards qui dévissent à longueur de journée tandis que les enfants passent le clair de leur temps à jouer ou à chercher quelques gouttes d’eau en compagnie de leurs mamans au niveau du seul forage qui y est construit par une organisation non gouvernementale.

 

L’interminable marche vers la paix et la sérénité

"Nous avons fui Boko Haram depuis Kolofata, nous avons trouvé cet espace vide et nous nous sommes installés. On passe nos journées à ne rien faire. Certains entrent peu à peu en contact avec les populations riveraines afin de s’intégrer progressivement", confie Babawa, un vieillard de 70 ans. Sur les deux sites d’Igawa-Mémé, la grande majorité des populations de déplacés est composée d’enfants et de femmes. Ils viennent principalement des villages Sanda-Wadjiri, Bia, Kalniwa et Kolofata. "Nous vivons dans la pure résilience depuis que nous sommes ici en 2015. Les conditions de vie sont rudes. On n’a pas d’eau, pas de denrées alimentaires, pas de matériels de couchage et nous habitons dans ces maisons en matériaux provisoires. Ici même, nous ne sommes pas à l’abri de Boko Haram", rajoute-t-il. "Le camp n’est pas contrôlé et n’importe qui vient seulement s’installer ici. On ne connait pas qui est qui. Un kamikaze est même venu exploser ici. On continue à vivre la peur dans le ventre", déclare Abba Gana, un habitant du camp.

L’espoir d’une vie acceptable s’éloigne

Les enfants qui peuvent se payer le luxe de s’inscrire à l’école qu’ils squattent ont surchargé le peu de salles de classe de la seule école publique d’Igawa-Mémé. Conséquence, une seule salle de classe compte un effectif de 400 élèves entassés comme dans une boîte de sardine.

S’abriter et nourrir un espoir d’une vie acceptable

Tout à côté, dans un centre d’écoute et re-socialisation des populations, des volontaires de l’Unicef mènent des causeries éducatives et délivrent des messages de sensibilisation sur la protection des enfants. "C’est un projet que nous menons depuis que les déplacés internes se sont installés ici. Dans ces espaces de cohésion sociale, nous les conseillons d’amener les enfants à l’école et de lutter contre la maltraitance, le viol, les abus divers et surtout sur la discrimination scolaire des filles", explique un volontaire d’une ONG qui met en œuvre le projet financé par l’Unicef. "Nous avons environ 900 enfants de 3 à 5 ans inscrits au niveau de cet espace de cohésion. Nous les occupons avec des activités sportives, créatives et récréatives, ludiques à travers des jeux. En fait, nous les préparons à l’école à travers le réseau communautaire de protection de l’enfant. Nous menons ces activités depuis 2016", poursuit-elle. Selon certaines confidences, l’Etat joue encore aux abonnés absents dans ce camp qui compte déjà près de 100 000 déplacés sans encadrement. En dehors de quelques organismes non gouvernementaux qui y mènent quelques activités sporadiques. On craint donc que cette permissivité n’attire encore des kamikazes et autres assaillants de Boko Haram pour de sales besognes. D’où les incessantes doléances aux autorités administratives pour que les déplacés d’Igawa-Mémé puissent être pris en charge par l’Etat camerounais au même titre que les ex-repentis de Boko Haram, visiblement bien traités.

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