SPHÈRE PUBLIQUE : LA FEMME DU SAHEL PREND LA PAROLE

Ayant longtemps attendu qu’on lui donne la parole, la gent féminine du Sahel réclame de plus en plus sa place dans la société. Elle prend désormais la parole, elle s’exprime et prend des positions fortes pour soutenir les actions positives en faveur des femmes et de la jeune fille. Plusieurs émissions sont consacrées aux conditions de la femme. Ces espaces radiophoniques traitent des sujets de femmes violentées, répudiées, marginalisées. Les présentatrices et réalisatrices promeuvent et défendent les droits fondamentaux de la femme. Ces droits promus sont pour la plupart interdépendants et indivisibles. Qu’il s’agisse du droit à l’éducation, à la santé, à l’expression, à l’opinion, à la liberté d’aller et venir ou du droit à la vie, ils sont intimement liés..

 

La liberté d’expression est le fondement de toute société ouverte et inclusive. Elle favorise en cela l’acquisition des connaissances, la saine émulation des échanges et la compréhension mutuelle des cultures diverses telles qu’elles existent dans l’univers des communautés civilisées.

On est sans ignorer que des images méprisantes, ignominieuses, déshonorantes et dégradantes de la femme de la partie septentrionale sont diffusées continuellement en marge de toute considération, de tout respect, sur les réseaux sociaux par des hommes qui administrent ces forums et plateformes. Cette inégalité d'accès aux technologies de l'information entre l'homme et la femme fait partie des domaines critiques auxquels on ne s'y penche guère.

Soigner cette image écornée de la femme leur tient à cœur. Elles sont une petite dizaine qui travaillent d’arrache pieds au quotidien pour recueillir les souffrances, les lamentations et les joies des femmes dans la sphère rurale ou urbaine. Elles ont choisi des créneaux horaires de grande écoute, des émissions thématiques où elles tendent leur micro à d’autres femmes.

Présentatrices des émissions sur Radio Hossere, symbole de la libéralisation progressive de la parole des femmes

Maïramou Nouhou, Diplômée de l’Université de Maroua ne cache pas sa proximité avec toute forme d’exercice de libertés individuelles de la femme : «Toute femme, quelles que soient son origine et ses convictions, a le droit de s’exprimer, même si ses opinions sont discutables, à condition de ne pas inciter à la violence ni à la haine. L’accès de la femme de l’Extrême-Nord au débat public permet à nos sociétés d’évoluer et de relever de nouveaux défis. La liberté ́ d’expression, portée par les femmes, permet aux hommes et aux maris de prendre des décisions éclairées pour le bien des ménages dont ils ont la charge ».

Certaines habitudes culturelles de notre région ne s’accommodent pas avec la liberté de la parole des femmes dans la sphère publique. On constate cependant qu’une poignée de femmes parviennent à se frayer le passage dans cette immondice de difficultés structurelles.

Elles sont parfois défenseures des droits de l’Homme, politiciennes, militantes féministes et autres personnalités publiques. Elles sont devenues des portes étendards dans la Région de l’Extrême-Nord : Mesdames Djakaou Foutchou Julienne, Aissa Doumara Ngatansou, Djaïli Amadou Amal, Marthe Wandou. Elles sont le témoignage vivant de cet environnement où tout est possible pour qu’une femme fasse parler d’elle positivement à l’échelle nationale et internationale.

Derrière leur attachement pour l’amélioration des conditions de vie de la femme se cache la forte capacité d’influence de l’opinion. Face à l’adversité, elles ont gravi palier après palier le sentier qui les a conduits à la lumière. Leurs parcours inspirent des jeunes filles de la Région.

Serait-il souhaitable qu’elles se mettent ensemble pour multiplier les rencontres, les conférences avec les femmes et filles ? Car la scolarisation des filles de cette partie du Cameroun (surtout en milieu rural) a du mal à décoller. Elles sont encore victimes de sexisme, de violence sexuelle, d’harcèlement, de discrimination ainsi que de multiples barrières juridiques, systémiques, structurelles et culturelles. Tous ces obstacles majeurs empêchent ces jeunes filles de certains quartiers des villes et villages de jouir pleinement de leurs droits fondamentaux.

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