BOKO HARAM : UNE RÉMISSION DES EX-COMBATTANTS ÉDULCORÉE PAR DES INCURSIONS SPORADIQUES

Après une accalmie observée, le Cameroun enregistre de nouveau de plus en plus d’attaques du groupe terroriste Boko Haram. La dernière de grande envergure est celle de Sagmé qui a fait 6 morts dont 5 soldats et un civil dans la nuit du 26 août 2021.

Alors qu’on croyait avoir fait reculer considérablement la menace sécuritaire liée à Boko Haram, la réalité nous démontre à suffisance que cette secte terroriste garde encore sa capacité de nuisance et continue d’orchestrer de façon sporadique des incursions et des attaques dans des villages frontaliers de la région de l’Extrême-Nord où les autorités administratives, les forces de défense et de sécurité, les comités de vigilance et même les populations croyaient être à l’abri.

Le mode opératoire de ces djihadistes consiste à faire baisser la garde à ces derniers pour opérer en toute quiétude. "On a comme l’impression que quand Boko Haram mène une incursion dans une localité, ils se replient du coté nigérian, créent une certaine accalmie pour faire croire aux gens que la sécurité est revenue dans leur village. C’est quand les gens ont baissé la garde et ont repris avec leurs activités qu’ils les surprennent avec une autre incursion. C’est comme un cycle", confie une source sécuritaire au front. Quand Boko Haram brise la relative accalmie observée çà et là dans nos villages, c’est le plus souvent de façon spectaculaire et avec de lourds bilans. Tenez par exemple. Alors qu’on croyait avoir pacifié le lac Tchad avec le concours de l’intrépide armée tchadienne, une incursion de Boko Haram perpétrée le 22 décembre 2019 par ces terroristes a fait une cinquantaine de morts dont 19 Camerounais notamment 11 dans l’ile de Darak et 8 dans l’ile de Kofia dans l’arrondissement de Blangoua.

Aussi, dans la nuit du 26 août 2021 dans l’arrondissement de waza, 5 soldats et un civil camerounais auraient été tués et le poste de commandement réduit en cendre. Le civil étant un chauffeur transportant les médicaments pour une ONG opérant dans la zone. Ce dernier s’était arrêté pour passer la nuit au poste militaire pour raison de sécurité. Autres forfaits récents c’est ceux de zigue qui a fait 6 morts le 26 juillet et de Sagmé qui a fait 9 morts le 24 juillet.

Des éléments du BIR dans un village

Les avis divergent sur les raisons de la reprise en force de ces incursions. Pour Mahama Tine, Lamido du canton de Gabass, dans l’arrondissement de Koza "les villages frontaliers abandonnés par les populations camerounaises sont devenus de véritables couloirs de passage de Boko Haram pour venir nous attaquer jusqu’à l’intérieur de l’arrondissement. Nous avons demandé la construction d’un poste militaire et le renforcement de l’effectif militaire avant que le pire n’arrive dans cette localité où vivent déjà 6 000 âmes mais ça tarde à venir". C’est un avis partagé par Oumaté Ali, un membre du comité de vigilance de Mozogo qui confie : "les villages Zénémé, Shérif-Moussari et Aschigachia sont devenus fantômes. Il n’y a plus d’âme qui y vit. C’est un no man’s land. Et les Boko Haram se sont établis dans ces montagnes pour venir nous tuer et nous piller pratiquement toutes les nuits".

Autre raison, c’est que les comités d’auto-défense sont démotivés et découragés du fait du gel des appuis du gouvernement et des communes. "Nous travaillons pratiquement comme des militaires, nous prenons la garde comme eux mais on ne nous donne aucun appui, même pas matériel comme par le passé. Ce qui a poussé beaucoup d’entre nous à abandonner le travail. Souvent, nous sommes accusés à tort de complicité avec Boko Haram alors que de l’autre côté, nous sommes la cible de ces terroristes qui nous promettent chaque jour des représailles. De 45 au départ, il ne reste plus que 17 membres du comité de vigilance", explique Ali, un volontaire du comité d’autodéfense de Moskota.

Des enfants déplacés

Le groupe armé Boko Haram est revenu en force au Cameroun depuis décembre 2020. Et depuis quelques temps ces terroristes ciblent les postes militaires camerounais. Boko Haram semble avoir repris du poil de la bête. Les populations des localités en proie aux exactions sont de nouveau dans l’inquiétude et la panique quant à leur situation.

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