TOURISME/EXTRÊME-NORD : L’ESPOIR D’UN REDÉCOLLAGE PLOMBÉ PAR L’INSÉCURITÉ ET LE COVID-19

Les incursions sporadiques de Boko Haram et l’avènement de la pandémie du Covid-19 n’augurent pas d’une embellie prochaine du secteur touristique.

  

S’il y a bien un secteur névralgique de l’économie de la région de l’Extrême-Nord qui a pris un sérieux coup avec l’entrée en guerre de l’Etat du Cameroun contre les terroristes de Boko Haram, c’est bien celui du tourisme. Alors que cette région du Cameroun regorge de nombreux sites touristiques, paysages pittoresques, danses patrimoniales, festivals culturels de renom et autres attractions qui ont fait le régal des touristes étrangers et nationaux, les différentes attaques et incursions de Boko Haram dans et autour des différentes localités qui abritent ces attractions sont venues asphyxier une activité touristique florissante. Et l’économie déjà exsangue de la région a pris un sérieux coup.

Avec la prise d’otage de la famille Tanguy Moulin-Fournier, alors qu’en tourisme dans le campement du parc national de Waza, le 19 février 2013, les enlèvements d’expatriés notamment le père Georges Vandenbeusch de la paroisse de Nguétchéwé par Koza le 13 novembre 2013 et de deux prêtres italiens et une sœur canadienne de la paroisse de Tchéré à Méri le 5 avril 2014, la région de l’Extrême-Nord a été déclarée zone rouge et destination fortement déconseillée aux touristes et mêmes aux expatriés Occidentaux résidents. De nombreuses incursions de Boko Haram dans cette zone ont suivi et ont confirmé la dangerosité du parc de Waza et de ses environs. Aujourd’hui, ce parc de renommée internationale, puisqu’inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, n’est plus que l’ombre de lui-même et laisse couler une larme aux plus nostalgiques. Le couvre-feu qui s’est imposé par la suite sur l’ensemble de la région a contaminé l’abandon de la destination Extrême-Nord et de ses nombreuses attractions touristiques.

Course hippique à Maroua

Ainsi, les paysages des Kapsiki et de ses pics aux formes de dômes, la dent montagneuse de Mindif, les cases en forme obus des Musgum à Mourla, les paysages pittoresques des Monts Mandara, le lac artificiel et le club nautique de Maga, le marché pittoresque de Tourou avec ses femmes coiffées de calebasses, les centres et villages artisanaux de Maroua, les fantasias des différents Lamidats, le Gourna des peuples Toupouri tant admiré par d’autres communautés, les divers carnavals des fêtes de fin d’année qui étaient jadis très courus sont en berne. Pourtant, des touristes expatriés et nationaux en raffolaient. Et pour définitivement enterrer le secteur touristique, il y eu la survenance des premiers cas de la pandémie du coronavirus dans l’Extrême-Nord en avril 2020. L’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes, l’imposition du strict respect des mesures barrières et de distanciation physiques ont fortement contribué à l’annulation pure et simple de nombreuses activités touristiques.

Des girafes dans le Parc National de Waza

Le spectacle que présente aujourd’hui le secteur touristique est lamentable à la limite. On assiste à des sites touristiques déserts, des guides touristiques au chômage ou reconvertis dans d’autres secteurs, des agences de tourisme qui ont mis la clé sous le paillasson, des festivals culturels annuels annulés et des lieux d’hébergement peu fréquentés. Aujourd’hui, les responsables en charge du secteur touristique affirment que tous les leviers actionnés en vue du redécollage des activités y relatives achoppent sur les incursions sporadiques des groupes terroristes et le maintien de la région dans la zone rouge. L’embellie tant souhaitée et appelée par tous les acteurs de la chaîne ne représente plus qu’un leurre.

 

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